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la polyphonie Corse Traditionnelle

 

LA PAGHJELLA

"la paghjella est notre plus vieux chant et le plus représentatif de nos polyphonies, elle n'est pas chantée de la même façon d'un village à l'autre.

Cette diversité en fait une richesse. Les "ricuccate" ne sont pas identiques, les versi non plus, chaque chanteur ayant sa manière de les interpréter. le summum est atteint lorsque les chanteurs se connaissent tres bien et atteignent la parfaite harmonie, alors la paghjella nous fait découvrir  une quatrième voix, un son perceptible et pourtant non exécuté"

ces quelques lignes sont tirés du  recueil "Pulifunie, Polyphonies" d'Yviu PASQUALI  di  San Damiano de la pieve d'Ampugnani dont je conseille vivemement la lecture.

 on distingue plusieurs formes de chant polyphonique profane corse

parmi  les principaux :

la paghjella

le madricale

le terzettu

 LA PAGHJELLA

la paghjella est un sizain octosyllabique établi sur un poème composé de vers groupés par deux  d'où le nom de paghjella pour "paghja"  (paire de vers) . La paghjella à donné la façon la plus répandue de chanter les poèmes, quels qu'il soient , c'est souvent un chant de fête , de rencontre, de convivialité, de partage musicale, improvisés,  trois chanteurs de paghiella, sont capable de chanter pour la première fois ensemble sans répétition aucune et en plaçant par l'habitude du chant et de l'oreille leur trame mélodique et leur tessiture, le tout formant un ensemble cohérent et harmonieux. la pagjella s'apprenait  "di bocca" , de père en fils,  et  a traversée ainsi le temps, C'est une tradition orale.

A paghjella est un choeur constitué de trois voix, parfois deux ou quatre,  la terza est toujours unique , certains groupe y ajoutent une contre terza.

A siconda, la voix principale / le baryton, porte le chant.   U bassu  est la voix plus grave qui enchaîne et appuie le chant . A terza, la tierce, est la voix la plus haute qui s'ajoute aux précédentes en respectant un intervalle de temps, tout en les enrichissant des ricuccate; la paghjella ne doit pas faire ressortir une voix mais un ensemble harmonieux. les troix voix occupent la meme place d'intensité au sein de l'ensemble, c'est un partage d'émotion, où les 3 voix doivent être dans la plus belle harmonie, on ne chante pas la paghjella, on la vit.

La beauté d'une paghjella est due entre autres aux tessitures de voix, qui trouvent  l'accord non pas point contre point à l'octave ou uniquement sur la technique du contre chant de la quinte et de la tierce comme en polyphonie classique mais par des tessitures qui se correspondent, l'importance des belles harmoniques est due au mariage des voix ensemble.

Une meme paghjella chanté à l'identique s'accordant bien sur la technique des contre points mais dont les tessitures de voix ne créent pas cette harmonique  ne rendra pas la même émotion, c'est pourquoi des bons chanteurs même s'ils peuvent techniquement  chanter la paghjella, ne formeront pas forcément la plus belle harmonie des tessitures.

 

HISTOIRE

la paghjella trouve ces origines en  Haute-Corse. la Castagniccia est certainement la région où elle fut le plus chantée et continue de l'être encore de nos jours.

Elle est aujourd'hui pratiquée dans toute l'île, grace au travail remarquable de passionnés et d'amoureux de leur culture ancestrale qui loin des clichés d'après-guerre sur tout ce qui touchait à la culture corse ont eu la volonté de sauvegarder ce qui reste aujourd'hui la plus belle expression identitaire du peuple CORSE. 

Dorothy Carrington, écrivain anglais venue s'installer en Corse dans les années 50 y découvent  ces chants  : " J'avais l'impression d'entendre la voix des entrailles de la terre, un chant venu de l'origine du monde, celui des commencements qu'on n'ose espérer jamais accessible."

l'origine de la paghjella vraissemblablement antérieure au développement de la polyphonie dans le reste de l'europe, (après le IX eme siècle, la polyphonie prend naissance suite  à l'enrichissement du chant grégorien et aux nouvelles techniques vocales contra-pontique), pour la paghjella  son origine serait pré-grégorienne  la Corse étant au centre des voix maritimes du monde connu de l'époque, elle y a bénéficié des premières influences culturelles des autres peuples, et s'est perpétuée jusqu'à nos jours du fait de sont isolement montagneux et de la composition de sa population de communautés pastorales.

LE MADRICALE

Le Madricale est d'origine très ancienne et l'étymologie vient du latin "cantus materialis" (chant de terre). C'était une forme de poésie profane en oposition au chant sacré, qui était chanté des la fin du XIII em siècle, né de la mutation subtile d'une composition à trois ou quatre voix de caractère populaire, qui s'appelait "la frotola en Italie, mais c'est  vers 1530,  que son développement prend son essor et influencera la musique et les compositeurs de la renaissance.

 Le Madricale courte pièce de forme libre, cherche seulement à traduire le plus exactement possible les intentions du texte. il s'agit souvent d'un chant d'amour.

Le Madricale etait chanté dans tout le pourtour méditerranéen et bien au delà, souvent écrit en ancien toscan, c'est une forme de chant polyphonique qui a totalement disparu, sauf en CORSE. 

Sa région spécifique en CORSE où il fut toujours chanté demeure  le village de TAGLIU ISULACCIU village  du groupe "I MUVRINI" et dont leur père JULES BERNARDINI participa activement à la sauvegarde de ses chants polyphoniques, Mais aussi le village de SAN DAMIANO où est toujours demeuré vivace la tradition du madricale, peut être due à son isolement dans les contreforts montagneux de L'AMPUGNANI, dailleur le groupe " MADRICALE"  originaire de cette micro région participe activement au maintien de sa plus pure tradition :

"La messe de San Damianu ètait particulière toute en madricale il n'en reste que deux morceaux .Ce sont les chanteurs de San Damianu qui furent appelés pour chanter la messe du retour des cendres de Pasquale Paoli , ils étaient réputés pour leurs voix et leurs versi. A San Damianu le madricale était autant chanté que la paghjella "

LE TERZETTU

Le terzettu chant polyphonique remontant au moyen âge, écrit en toscan, le terzettu se compose de 3 vers de 11 pieds et évoque des genres poétiques savants, souvent des complaintes d'amour ou d'exil.

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